Dépistage des troubles visuels chez l’enfant

Les chiffres clés en 2026 :

  • 3 % des enfants souffrent d’amblyopie, première cause de mauvaise vision unilatérale.
  • 5 % des enfants sont atteints de strabisme, qui entraîne une amblyopie dans 50 % des cas s’il n’est pas traité.
  • 20 % des enfants de moins de 6 ans présentent une anomalie visuelle (strabisme, amblyopie, troubles de la réfraction).
  • 20 % des enfants d’âge scolaire ont des troubles de la réfraction (myopie, hypermétropie, astigmatisme), responsables de difficultés en classe.

    Depuis janvier 2025, les 20 examens médicaux sont répartis ainsi :

    •   13 examens dans les 3 premières années (contre 9 auparavant).
    •   3 examens entre 4 et 6 ans (dont le bilan de santé en école maternelle).
    •   4 examens entre 7 et 18 ans.

    À partir de la rentrée 2026-2027, un dépistage des troubles visuels, du langage et de la communication sera proposé aux les enfants en petite section de maternelle. Son déploiement devrait être progressif.

    Les troubles visuels à connaître

    La vision se développe progressivement chez l’enfant, de la naissance jusqu’à 10 ans. Toute perturbation pendant cette période peut entraîner des séquelles irréversibles.

    • L’amblyopie : l’œil paresseux

    L’amblyopie est une mauvaise vision d’un œil (ou des deux), non améliorable par des lunettes. 

    À retenir :
    – L’amblyopie est irréversible après 7-8 ans sans traitement.
    – Le traitement repose sur la correction optique (lunettes) et l’occlusion de l’œil sain (patch) pour forcer l’œil amblyope à travailler.

      • Le strabisme : une déviation des axes visuels

      Le strabisme se caractérise par une déviation d’un œil (ou des deux) par rapport à l’axe visuel normal.

       À savoir :
      – Un strabisme constant avant 4 mois est toujours pathologique.
      – Après 4 mois, tout strabisme, même intermittent, doit être pris au sérieux.

        • Les troubles de la réfraction : myopie, hypermétropie, astigmatisme

        Ces anomalies optiques empêchent la formation d’une image nette sur la rétine.
        – Myopie : L’enfant voit flou de loin.
        – Hypermétropie : L’enfant doit faire des efforts d’accommodation pour voir net.
        – Astigmatisme : Cela entraîne une déformation des images.

        • La leucocorie : un signe d’urgence absolue

        La leucocorie est un reflet blanc dans la pupille, visible à l’œil nu ou sur les photos (au lieu du reflet rouge habituel). Toute leucocorie doit être considérée comme une urgence médicale, car elle peut révéler :

        – Un rétinoblastome (tumeur maligne de la rétine)
        – Une cataracte congénitale
        – Un décollement de rétine

        Consulter un ophtalmologiste dans les 48 heures.

        Signes d’alerte quand consulter ?

        Les troubles visuels peuvent passer inaperçus. Soyez vigilants aux signes suivants :

        Avant 4 mois

        • Strabisme constant (un œil dévié en permanence)
        • Leucocorie (reflet blanc dans la pupille)
        • Nystagmus (mouvements saccadés des yeux)
        • Torticolis (tête toujours penchée du même côté)
        • Absence de fixation (ne suit pas les objets du regard après 1 mois)
        • Absence de clignement à la menace (ne réagit pas à un objet qui s’approche après 3 mois)
        • Plafonnement du regard (regard « vide » ou errant).

        Tout signe avant 4 mois est pathologiques : consultez un ophtalmologiste en urgence.

        De 6 mois à 5 ans

        • Strabisme intermittent (même occasionnel)
        • Enfant qui se cogne souvent, trébuche, bute contre les meubles
        • Plisse les yeux, fait des grimaces, ferme un œil au soleil
        • Indifférence à l’entourage (ne réagit pas aux visages ou objets)
        • Retard de langage ou de motricité fine (difficulté à attraper des objets)
        • Fatigue rapide, lenteur d’exécution, dyspraxie (maladresse)

         À partir de 5 ans (âge scolaire)

        • Lecture trop rapprochée (colle son nez au livre ou à l’écran)
        • Confusion de lettres (b/d, p/q, m/n)
        • Fatigue visuelle, maux de tête après l’école
        • Clignements fréquents, rougeurs oculaires
        • Vision floue de loin (myopie) ou difficulté à lire (hypermétropie, astigmatisme

            Le rôle des parents et des professionnels

            Ce que peuvent faire les parents : 

            • Observer leur enfant et repérer les signes d’alerte.
            • Utiliser le carnet de santé : Les pages « Les troubles sensoriels » rappellent les étapes clés du dépistage.
            • Participer aux examens systématiques :
              – PMI : Examens à 4 ans et 6 ans (désormais systématiques)
              – Médecine scolaire : Dépistage des troubles visuels en petite section de maternelle
            • Ne pas négliger les lunettes
            • Appliquer la règle du 20-20-20 : Pour les enfants utilisant des écrans, faire une pause de 20 secondes toutes les 20 minutes en regardant au loin à plus de 20 mètres. Attention : écran interdit pour les moins de trois ans !

            Le rôle des professionnels de santé : 

            • Médecins traitants : Repérer les facteurs de risque, réaliser les tests simples et orienter vers un ophtalmologiste si nécessaire.
            • Orthoptistes : Depuis 2026, ils jouent un rôle selon les accords locaux dans le dépistage systématique en petite section de maternelle, en collaboration avec le SNAO (Syndicat national autonome des orthoptistes) et l’association DP2O (Dépistage & Prévention, Orthophonie & Orthoptie).
            • Infirmiers puériculteurs : ils réalisent 83 % des bilans de santé en école maternelle (PMI).
            • Médecine scolaire : elle participe au dépistage des troubles visuels, en lien avec les 20 examens médicaux.

            En résumé

            • Soyez vigilant : Repérez les signes d’alerte chez votre enfant, surtout avant 4 ans.
            • Consultez le carnet de santé : repères pour le dépistage des troubles visuels.
            • Faites les examens systématiques :
              – PMI à 4 ans (désormais systématique)
              – Médecine scolaire en petite section de maternelle 
            • Ne tardez pas : En cas de doute, consultez un ophtalmologiste sans attendre.
            • Corrigez les troubles : Les lunettes et les traitements précoces (occlusion, rééducation) sont efficaces et évitent les séquelles.
            • Appliquez la règle du 20-20-20 pour limiter la fatigue visuelle liée aux écrans.

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