DMLA exsudative dite « humide » : comprendre, traiter, préserver sa vision
La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une maladie de la rétine qui touche la macula, la zone responsable de la vision centrale et des détails. Elle survient principalement après 50 ans et constitue la première cause de malvoyance après 50 ans en France.
Il existe deux grandes formes de DMLA : la forme atrophique, dite « sèche », et la forme exsudative, dite « humide ». Cette dernière peut entraîner une baisse rapide de la vision centrale, mais des traitements permettent aujourd’hui de la contrôler.
La DMLA en quelques chiffres
- Première cause de malvoyance après 50 ans en France.
- Le nombre de personnes atteintes pourrait être multiplié par environ 1,5 au cours des dix prochaines années avec le vieillissement de la population.
- La maculopathie liée à l’âge, stade précoce de la maladie, concerne environ 20 % des personnes de plus de 75 ans.
Que se passe-t-il dans l’œil dans le cas de la DMLA exsudative ?
Dans la DMLA exsudative, dite «humide», de petits vaisseaux sanguins anormaux, appelés néovaisseaux, se développent sous ou au niveau de la rétine. Ces vaisseaux peuvent laisser s’échapper du liquide ou du sang, provoquant un gonflement de la macula. La vision centrale peut alors diminuer rapidement.
Sans traitement, ces lésions peuvent entraîner des dommages durables de la rétine.
Quels sont les facteurs de risque ?
Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition ou la progression de la DMLA :
- L’âge, principal facteur de risque.
- Le tabagisme, principal facteur de risque modifiable.
- Les antécédents familiaux : le risque est plus important lorsqu’un proche est atteint.
- Les maladies cardiovasculaires et l’hypertension artérielle, notamment lorsqu’elles sont mal contrôlées.
- Le surpoids et la sédentarité, qui peuvent également jouer un rôle.
- L’alimentation : une alimentation déséquilibrée peut être associée à un risque accru.
- L’exposition aux UV pourrait également contribuer au risque.
Quelle alimentation privilégier ?
Une alimentation variée et équilibrée est recommandée. Privilégiez notamment :
- Les légumes verts (épinards, brocolis, chou…) ;
- Les fruits et légumes variés ;
- Les poissons gras, riches en oméga-3;
- Les aliments peu transformés.
Une bonne hygiène de vie contribue à préserver la santé des yeux : ne pas fumer, pratiquer une activité physique régulière, maintenir un poids adapté et protéger ses yeux du soleil.
Le traitement de la DMLA humide : les injections anti-VEGF
Le traitement de référence repose aujourd’hui sur les médicaments anti-VEGF, administrés directement dans l’œil par une injection intravitréenne. Ils permettent de freiner le développement des néovaisseaux et de limiter les fuites responsables du gonflement de la macula. Pour maintenir leur efficacité, les injections doivent généralement être répétées, selon l’évolution de la maladie et la réponse au traitement. Cette répétition constitue une contrainte importante pour les patients et leur entourage.
L’un des grands objectifs de la recherche est donc d’espacer les traitements tout en conservant leur efficacité.
Les pistes de recherche
La recherche sur la DMLA humide explore aujourd’hui plusieurs grandes familles d’approches, toutes orientées vers un même objectif : espacer les injections sans perdre en efficacité.
- Thérapie génique
La technique vise à introduire dans les cellules de l’œil un gène permettant de produire durablement une protéine capable de bloquer le VEGF. L’objectif est de permettre aux cellules de l’œil de produire elles-mêmes une substance capable de bloquer le VEGF, afin de réduire le recours aux injections répétées.
- Traitements à action prolongée
De nouvelles molécules, formulations et doses sont étudiées actuellement pour prolonger la durée d’action du traitement.
- Nouvelles voies d’administration
D’autres voies d’administration sont également étudiées, notamment la voie suprachoroïdienne. Elle consiste à injecter le traitement dans l’espace situé entre la sclère et la choroïde, plutôt que dans le vitré. Cette approche est notamment explorée pour l’administration de certaines thérapies géniques. Elle reste actuellement au stade des essais cliniques, notamment de phase 2, avec l’objectif de faciliter et d’espacer les traitements.
Par ailleurs, un implant rechargeable délivrant du ranibizumab est autorisé aux États-Unis depuis 2021. Il permet de libérer progressivement le médicament dans l’œil et de réduire la fréquence des injections. Son évaluation en Europe est en cours et sa disponibilité en France dépendra des décisions réglementaires européennes.
En résumé
La DMLA exsudative dite « humide » se traite aujourd’hui efficacement, mais nécessite un suivi régulier et, le plus souvent, des injections répétées. La recherche avance avec un objectif majeur : espacer les traitements tout en préservant la vision.
Thérapie génique, traitements à action prolongée, implants et nouvelles voies d’administration pourraient, à l’avenir, rendre la prise en charge plus simple et moins contraignante.
Le suivi régulier par l’ophtalmologiste reste essentiel pour détecter une éventuelle reprise de l’activité de la maladie et adapter rapidement le traitement.

