Neuropathies Optiques Héréditaires

Les Neuropathies Optiques Héréditaires sont des maladies cécitantes qui sont liées à la dégénérescence du nerf optique, et sont donc à l’origine du déficit visuel

Ces maladies peuvent :

  1. Être isolées
  2. S’intégrer au sein d’un syndrome réunissant diverses atteintes neurologiques et/ou systémiques
  3. Être une des manifestations d’une maladie métabolique héréditaire

Quels sont les troubles visuels ?

Les troubles visuels se manifestent généralement pendant l’enfance ou l’adolescence. La perte visuelle est brutale pour le patient et se manifeste par une perte de la vision centrale en quelques mois seulement.

Le pronostic est malheureusement faible avec une vision bilatérale souvent inférieure à 1/10 e sans possibilité de récupération. Une anomalie génétique est à l’origine de la perte de la vision. Elles sont souvent en lien avec un dysfonctionnement mitochondrial (centrale énergétique de la cellule).

Vue d'une personne atteinte de DMLA

Nb : le patient fixe du regard une personne, conserve la vision de ce qu’il y a tout autour mais ne voit pas la personne.

Les deux pathologies héréditaires non syndromiques les plus fréquentes sont :

  • La neuropathie héréditaire de Leber

Elle se caractérise par un déclin soudain, indolore, de l’acuité visuelle centrale pouvant conduire le patient vers la cécité. Elle est souvent associée à une perturbation de la vision des couleurs dans l’axe rouge vert. Elle se produit souvent chez les jeunes adultes entre 18 et 30 ans. Elle concerne soit les deux yeux simultanément (25% des cas) soit séquentiellement un œil puis l’autre (l’atteinte du deuxième œil survenant dans les 12 mois qui suivent l’atteinte du premier œil, en quelques semaines à quelques mois). Elle touche d’avantage les hommes que les femmes. Le diagnostic est conforté par l’observation d’un parent atteint, dans laquelle les sujets, hommes ou femmes, le sont toujours par lignée maternelle. La prévalence de la maladie semble atteindre une personne sur 30 000 à 50 000.

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A savoir

Les traitements pour cette maladie restent très limités mais un essai clinique récent sur 37 patients relance l’espoir d’une amélioration significative la vision des patients. Cette étude a été menée par des chercheurs de l’institut de la vision (GenSight biologics). Cet essai clinique a été évalué dans un essai international multicentrique produit par un consortium en Europe et aux Etats-Unis. Une demande d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) de ce traitement, appelé LUMEVOQ, a été déposée en septembre auprès de l’Agence réglementaire Européenne (EMA) (Source 1 et 2).

Ophtalmo et patient
  • L’atrophie optique dominante

Elle se caractérise une baisse de l’acuité visuelle au cours des deux premières décennies de la vie. Elle débute de façon modérée à sévère, d’installation insidieuse. L’acuité est très variable d’un individu à l’autre, y compris dans une même famille. L’atteinte du nerf optique aboutit à une perte de la vision centrale, associée avec une perte de discrimination des couleurs dans les tons jaune-vert. Cette maladie touche aussi bien les hommes que les femmes. La prévalence de la maladie est d’une personne pour 50 000. Il n’existe pas de traitement à ce jour.

D’autres pathologies sont associées à des troubles du nerf optique dite « syndromique ». On nommera par exemple : la maladie de Charcot Marie Tooth, l’ataxie de Friedreich et le syndrome de Wolfram.

Retina France finance actuellement le projet du Dr Benjamin Delprat sur le syndrome de Wolfram

Le syndrome de wolfram est une maladie neurodégénérative orpheline et très sévère car les patients décèdent environ vers 35 ans de détresse respiratoire ou de fausse route. Elle se caractérise par une neuropathie optique, une surdité, un diabète et de nombreux troubles neurologiques. A ce titre, ils sont responsables de troubles de la déglutition avec un fort risque d’asphyxie et d’apnées centrales du fait d’une atteinte du tronc cérébral et entrainent une réduction drastique de leur espérance de vie. A ce jour, il n’existe pas de traitement.

Femme au microscope

« Notre projet consiste à utiliser une approche pharmacologique sur des modèles précliniques de poissons-zèbres, qui sont des modèles vertébrés de maladies. Au fil du temps, ce modèle est devenu un des outils incontournables pour la découverte de médicaments sur l’organisme entier. A ce jour, nous avons criblé plusieurs centaines de molécules et quelques unes ont été capables de restaurer complètement le déficit chez les poissons-zèbres mutants. La validation de l’efficacité de ces molécules chez la souris reste un prérequis essentiel avant de commencer des essais cliniques. Dans un même temps, comme les désordres cellulaires observés dans le syndrome de Wolfram sont communs aux autres neuropathies optiques, ces molécules pourraient tout à fait être aussi efficace pour traiter d’autres formes de la maladie comme par exemple : la neuropathie optique héréditaire de Leber ».

Dr Benjamin DELPRAT

Laboratoire des Mécanismes Moléculaires dans les Démences Neurodégénératives, Université de Montpellier / EPHE

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A savoir

Actuellement, deux essais cliniques sont en cours. L’un mené par le Dr Timothy Barrett de l’université de Birmingham en Angleterre. L’autre par le Dr Fumihiko Urano de l’université de Saint-Louis aux USA. Les résultats définitifs ne seront connus que dans quelques années mais les premiers retours semblent indiqués une efficacité toute relative. L’identification de nouveaux traitements demeurent donc tout à fait indispensable.

Equipe du Dr B.Delprat Université de Montpellier

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Sources :

  • Bilateral visual improvement with unilateral gene therapy injection for Leber hereditary optic neuropathy Science Translational Medicine  09 Dec 2020.
  • https://www.institut-vision.org/fr/news1/572-.html
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