Le diabète 

Attention

à votre vue !

Potentiellement très grave s’il n’est pas bien maîtrisé, le diabète correspond à une élévation de la glycémie (sucre) dans le sang. Le diabète est un problème majeur de santé publique mondiale en raison de son expansion, de sa gravité et de ses complications qui affectent la qualité de vie des patients.

On distingue deux types de diabète :

felche-bleue Le diabète de type 1 : une maladie auto-immune.

Le moins fréquent, il est dû à une absence de sécrétion d’une hormone : l’insuline par le pancréas. Contrairement au diabète de type 2, Le diabète de type 1 survient chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes, plus rarement chez l’adulte.

felche-bleue Le diabète de type 2 : le plus connu.

En général, cette maladie progresse avec l’âge, après 40 ans dans 80% des cas. Elle est due à une mauvaise utilisation de l’insuline par les cellules de l’organisme. Les déséquilibres alimentaires et la sédentarité constitue un facteur de risque de développer un diabète de type 2.

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Combien de personnes sont touchées par le diabète? 

  • 463 millions de personnes dans le monde sont atteintes de diabète et l’incidence semble augmenter partout dans le monde.
  • En France, 5 millions de personnes seraient touchées par la maladie.
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Le diabète de type 1 et 2 sont des maladies graves par leurs complications, notamment sur :

  • Le cœur, les vaisseaux sanguins, les reins et les nerfs.
  • 9 millions de personnes décèdent du diabète

Diabète: risque de cécité

La rétinopathie diabétique est une complication très fréquente du diabète de type 1 et du diabète 2 :

  • 90 à 95 % des diabétiques de type 1 ont une rétinopathie diabétique.
  • 20 % des diabétiques de type 2 ont une rétinopathie diabétique dès la découverte de leur diabète. Après 15 ans d’évolution, 60 % d’entre eux ont une rétinopathie diabétique.

La rétinopathie diabétique est liée à une atteinte des petits vaisseaux qui approvisionnent la rétine. Elle apparaît sur le long terme lorsque l’excès de sucre dans le sang (hyperglycémie chronique), caractéristique du diabète provoque leur dégradation. Elle a pour conséquence d’entraîner une baisse acuité visuelle puis une cécité en l’absence de prise en charge adaptée, d’où l’intérêt de réaliser un dépistage régulier.

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La rétinopathie diabétique :

  • Principaux facteurs de risques sont : l’ancienneté du diabète, le mauvais équilibre glycémique et l’hypertension artérielle.
  • 30 % des diabétiques sont porteurs d’une rétinopathie diabétique, soit environ 1 million de personnes en France.

C’est donc un problème de santé public majeur, qu’il est important de connaître et de prendre en charge précocement.

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Les symptômes 

Au début de la maladie, les patients ne souffrent pas de trouble de la vision. Les principaux symptômes apparaissent à des stades plus tardifs de la rétinopathie diabétique et peuvent se traduire par une perte de la vision nocturne, une vision floue, des corps flottants, des tâches noires ou des flashs lumineux dans le champ de vision.

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Vision d’une personne atteinte par une rétinite diabétique

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Le diagnostic

Le diagnostic de la rétinopathie diabétique repose sur l’examen ophtalmologique simple (fond de œil, OCT –angiographie…). Un examen du fond d’œil précoce dès la découverte du diabète, puis une surveillance ophtalmologique régulière tout au long de la vie du diabétique doivent permettre d’éviter l’évolution vers des complications graves de la rétinopathie diabétique.

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Complications de la rétinopathie diabétique :

Il existe différents stades de rétinopathie diabétique. Elle progresse lentement et de façon insidieuse tout au long de la vie du diabétique et entraine une perte progressive de la vision, mais elle peut être marquée par des épisodes d’aggravation rapide. La forme grave dite « proliférante » se caractérise par la multiplication de néovaisseaux à la surface de la rétine et/ou sur la papille. Cette prolifération est due à la fabrication de nouveaux vaisseaux qui prolifèrent à la périphérie de la rétine.  Ces derniers peuvent saigner ou entraîner un décollement de rétine. Chez certains patients, des petits vaisseaux de la zone centrale de la rétine (la macula) deviennent anormalement perméables et entrainent l’accumulation de liquide dans la rétine : c’est la formation d’un œdème maculaire. Ces deux complications fréquentes de la rétinopathie diabétique doivent être impérativement traités à temps car ils peuvent entrainer une cécité rapide.

Traitements

Il n’existe pas à ce jour de traitement médicamenteux spécifique susceptible d’améliorer ou de ralentir l’évolution de la rétinopathie diabétique. C’est une maladie insidieuse car elle peut exister longtemps avant que le patient s’en aperçoive. L’équilibre stricte de la glycémie et de la tension artérielle, associée à une surveillance annuelle du fond d’œil est le meilleur traitement préventif de la rétinopathie diabétique.

Dans le cas de rétinopathies sévères avec un risque de prolifération vasculaire, un traitement laser peut être proposé pour réduire de façon durable les risques de progression de la maladie vers les formes cécitantes. Les traitements anti-VEGF sont aujourd’hui principalement utilisés pour réduire la formation d’œdèmes maculaires. Leur utilisation pour réduire la formation des néovaisseaux, comme dans le cas des DMLA humide, se développe mais nécessite des injections intra-occulaires régulières et un suivi accru des patients.

Dr Xavier GUILLONNEAU

Dr Xavier GUILLONNEAU

Institut de la vision - Paris

La pathologie de la rétinopathie diabétique est caractérisée par une rupture de l’équilibre normale de la rétine : des fluides sanguins et des cellules immunitaires entrent en contact avec les cellules rétiennes suite à la modification de sélectivité de la barrière hémato-rétinienne, une barrière naturelle qui protège normalement notre tissu nerveux des fluides extra-rétiniens et de l’entrée de pathogène et de cellules immunitaires. La deuxième ligne de défense de la rétine est composée de cellules gliales : les cellules macrogliales de Müller et les cellules microgliales (des cellules inflammatoires spécialisées des tissus neuronaux). Ces cellules surveillent l’équilibre normale de la rétine et en cas de déséquilibre, par exemple une rupture de la barrière, produise un ensemble de protéine pour tenter de restaurer l’état normal de la rétine.  Nos recherches montrent que des composés du sang, et en particulier des lipides, activent anormalement les cellules gliales de Müller et les cellules immunitaires de la rétine, les forçant à produire des cytokines inflammatoires dangereuses pour les vaisseaux sanguins et les neurones. Nos travaux ont permis de mieux comprendre les mécanismes par lesquels le glucose et les lipides activent ces cellules gliales. Nous orientons maintenant nos recherches pour trouver des traitements capables d’empêcher cette activation délétère et protéger les neurones et les vaisseaux de la rétine.

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En résumé

Les patients atteints de diabète doivent régulièrement se faire suivre par leur ophtalmologiste afin d’éviter tout complication irréversible liée à la maladie.

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